MICHIELS

Monographie
« 99-03 »

Ed. Collectif les Coccinelles Associées

©Marc Michiels

Ed. Collectif les Coccinelles Associées, 2003. 
84 pages, broché.
Conception graphique : Cécile Bourdais.
Achevé d’imprimer 2003.
Par Rollin imprimeur à Blois.
Tirage : 500 exemplaires.
Format : 130 x 160 mm.
ISBN 2-9520784-0-8.
Prix : 19 euros.

Ma recherche photographique, très liée à l’univers pictural et à sa représentation symbolique, tant au niveau des formes que des couleurs, met en pratique la loi des contrastes simultanés des couleurs qui permet de prévoir les modifications chromatiques que subit chaque support par suite de la juxtaposition d’un autre support coloré…

Dans un premier travail, j’ai voulu mettre en valeur l’image d’une femme insaisissable traversée de lumières étranges et établir un lien entre l’image photographique et la peinture par le recouvrement sur le tirage d’un dessin pointilliste. Dans un deuxième temps, j’ai mis en scène un point aveugle de disparition par la mise en mouvement de gélatines, matières plastiques transparentes colorées placés entre l’objectif et des découpages colorés abstraits ou des tableaux appartenant à des Musées nationaux (Carnavalet, Le Prieuré, Orsay et le Louvre). 

Ces déplacements de gélatines colorées ont été par la suite appliqués à un fond réel non pictural au travers d’une peinture écran agissant comme un négatif de couleur sensible. L’illusion, substance obtenue par l’emploi d’une colle servant à maintenir les gélatines colorées, renvoie à l’aspect matière d’un tableau. Ainsi, au lieu de percevoir un simple découpage coloré ou un tableau, ces motifs picturaux sont intégrés, modifiés grâce au maniement d’une surface de type inframince. L’observation au travers des gélatines colorées permet de souligner les couleurs dominantes par chevauchement de plans de clarté transparente. Deux couleurs sont principalement utilisées : le rouge, couleur de la lumière permet une régénération de l’oeuvre, le bleu, couleur de l’ombre, attire la conscience du regard vers l’infini ; enfin le vert régule ces deux interférences chromatique. Le module lumière coloré projeté sur les gélatines entre en résonance, se transfigure, s’enroule dans leurs propres énergies de représentations créant ainsi l’apparition de formes. Ce qui nous est donné à voir n’est considéré qu’à travers l’intimité affective du regard : il s’agit plus de proposer une image subjective que de témoigner d’une héritage plastique ou esthétique de l’oeuvre. L’espace coloré ainsi obtenu tend plus à gommer la représentation du visible qu’à le sublimer. Il ne s’agit donc pas de substituer ce tableau photographique à la réalité elle-même, mais de comprendre comment ces deux supports participent d’une même problématique, celle de la structuration optique.

Certaine de ces images rendent compte du rapport entre l’opacité et les zones claires transparentes, traduisant ainsi le corps de l’âme. Ces différents états de conscience affective permettent de fixer l’image mentale, de montrer le lien qui existe entre le plan des apparences sensible et l’espace des réalités inconnues. Enfin, ces différents plans d’immanence explorent la genèse des formes et des couleurs en essayant de saisir l’entre-deux de ces mondes par des tensions lumineuses. Mon univers photographique s’inscrit au croisement du champ représentatif de l’abstract et de celui de la figure : abtract en tant que forme, figure en tant que représentation de l’affect, ils convergent par instinct, tempérament dans la voie d’une sensation colorante.